Embrasse-moi, et la gravité reviendra.

Embrasse-moi, et la gravité reviendra.



S'aggriper à ses ves comme un naufragé à sa bouée de sauvetage. Et je nage, et je nage, vers la rive...
La gravité n'a plus aucun effet sur moi, et ce depuis bien longtemps déjà. Et je m'envole, dans le ciel voilé de bleu, par delà les nuages...
Non, je ne veux pas, pas encore. S'aggriper à ses rêves, tout ce qu'il reste de nous aujourd'hui, pour ne pas s'envoler comme un ballon d'hélium.
A
lors je m'accroche à ce que je peux, à son image, sa silhouette mince, trouble dans le brouilard épais. Nos ves s'entremêlent, mais son âme reste inaccessible. Toujours, inaccessible... Comme les bocaux de bonbons hors d'atteinte, nous narguant du haut de leur placard métalique.
Ce
sourire, si franc. Je m'y accroche, je m'y accroche, je m'y accroche... Un coup de vent, plus fort que les précédents, pourrait me faire lâcher prise, et alors je serais emportée tout droit dans les étoiles, comme un cerf-volant dont on aurait coupé la corde.
Mais je reste, je reste. Je m'accroche, oui, et je vous promets que cette fois ci je ne partirais pas, ni ne fuirais comme la lâche que je suis. Je me ferai face, jusqu'au bout, et affronterai le regard défiant de mon reflet.
A ses
paroles, sa voix, sa nuque, peut-être aussi, ses yeux, ses cheveux, son air rêveur... A tout ceci je m'aggripe comme je peux, de toute mes forces, de tout mon amour, aussi.
Donne-moi la main, et tu seras mon centre de gravité. Sers-moi dans tes bras, retiens-moi, que je ne m'envole pas comme un morceau de papier...
E
t je m'accroche, je m'accroche, je m'accroche... Grâce à toi.


# Posté le mercredi 26 novembre 2008 08:13

Regarde-moi, et je m'en irai à tout jamais.

Regarde-moi, et je m'en irai à tout jamais.




"Effaçons, effaçons les sourires. Détruisons les rires. Seul le chagrin est sincère."



"Je volerai vos coeurs pour en faire des colliers dorés. Et le mien, je le planterai sur un pilier de bois, et le regarderai se vider de mon sang, alors que la vie s'écoulerai doucement de mon corps."



"Le temps filerai comme un fragent d'éternité, un battement d'ailes de papillon. Un navire se brisant contre les rochers, un rêve s'écroulant sous son propre poids. Et des villes en feu, et des pantins aveugles dansant sur des fils tendus au-delà du vide. Et des âmes meurtries telles des nénuphares sur l'étang. Nos mains l'une dans l'autre, et l'espoir de vivre à tes côtés jusqu'à la fin des temps."



"L'éternité. Combien de battements d'aile de papillon? Un seul, disent-ils... Le temps de le voir venir, de le perde et de l'oublier, avant de le retrouver encore une fois... Le temps de l'aimer jusqu'à ce que mort s'en suive. Parce-que, tu sais, aimer à l'infinitif se conjuge à tous les temps. =)"



Je ne suis qu'un petit pantin t'appartenant. Un jouet égaré venu se réfugier dans tes grandes mains osseuses. Une marionette brisée, un pauvre ours en peluche unijambiste. Oui, je t'appartiens. Fais ce que bon te semble de moi. Détruis-moi s'il le faut, mets feu à mon corps de papier-mâché. Effraie-moi, crie moi dessus, aime moi... Peu m'importe, tant que tu sais que je suis là.
U
n vieux morceau de tissus déchiré, une poupée de porcelaine nue sur le parterre, son visage brisée en une centaine de petits bouts de verre. Plante mon corps sur des piquets de bois, arrache-moi le coeur, mais je t'en supplie, regarde-moi. Oui, regarde-moi. Pose tes yeux sur moi, juste une seule fois. Regarde ce pauvre bout de carton moisi à tes pieds, ouvre tes yeux et vois ces mains crispées tendues vers toi dans une dernière vague d'espoir. Je ne veux pas te demander l'impossible, je ne veux rien de toi, je ne le mérite pas. Oh, non, je ne veux rien de tout ça, mes rêves me suffisent... Je veux juste que tu me regardes, que tu me vois une dernière fois avant que je ne fonde dans le décor et ne disparaisse à tout jamais. Je veux juste que tu saches que j'éxiste pour que, en voyant mon visage torturé d'amour, tu ne m'oublies jamais...






# Posté le samedi 22 novembre 2008 00:22

Modifié le samedi 22 novembre 2008 01:05

Et nous mourrons lentement, une fois de plus. Qui nous sauvera cette fois ci?

Et nous mourrons lentement, une fois de plus. Qui nous sauvera cette fois ci?

"L'oublie tue plus que la mort encore."




Des temples dorés se détachant de l'horizon. Une cathédrale de cristal, étincelant dans le couchant. Et des rêves, des âmes et des fragments de consciences, emportés par le vent, tourbillonant sans cesse dans des courants d'air chaud...
Te
souviens-tu de cette soirée, te souviens-tu de ces collines couvertes de forêts aux arbres dont les cimes frolaient les nuages?
Des
étoiles, par milliers, dans le ciel orangé. Des processions d'hommes drapés de blanc, leur cape flottant autour de leur corps comme un halo blanchâtre. Des cantiques et des murmures chantés dans une langue oubliée, faisant vibrer l'air autour d'eux.
Dans leu
rs mains, des livres sacrés recouverts de poussière. Des gobelets d'argents, des gravures effacées, des écrits morts et éteints.
T'en
souviens-tu, de toutes ces promesses qui avaient étaient faites ce soir là? De tout ce que l'on nous avait dit et affirmé avec tant de vigueur?
U
ne cloche d'airain dans une tour noire, sonnant d'une longue plainte lugubre, amplissant l'air de connaissances perdues et de secrets enfouis. Et des âmes, toujours, défilant par centaine dans le ciel rougeâtre, et des rêves tourbillonant, encore et toujours...
Des c
ris dans le lointain, des chants de femmes dans le crépuscule, des créatures sans nom dansant sur le rythme d'un monde invisible, la douce mélodie des astres et du temps...
T'en souvie
ns-tu, des ces ombres informes aux mouvements saccadés? T'en souviens-tu, de ces figures à l'allure indicible tombées du ciel sombre?
Des sec
rets, encore et toujours, jaillissant d'une blessure trop profonde. Des chanmps de bataille, des hommes morts, leurs cadavres étalés sur le sol souillé de sang. Des terres maudites, et des rêves à jamais perdus... Tout cela n'a servit à rien.
Non, t
u ne te souviens pas. Personne ne se souvient. Et les textes, et les livres, tous dévorés par les flammes. Et ceux qui savaient, morts; les ignorants seuls ont survécu. Les avertissements, ignorés.
Et nou
s mourrons tous, une fois de plus.
Parce-que tout
, ils ont tout oublié.



In the laps of the Gods, de Alan Parsons Projetc, va très bien avec ce texte. ;)



# Posté le dimanche 16 novembre 2008 02:47

Modifié le dimanche 16 novembre 2008 04:28

Certaines choses n'éxistent que grâce à l'éxistence parallèle de leur opposé. Ainsi, sans le mal le bien ne peut exister, et sans l'invisible le visible perd tout son sens.

Certaines choses n'éxistent que grâce à l'éxistence parallèle de leur opposé. Ainsi, sans le mal le bien ne peut exister, et sans l'invisible le visible perd tout son sens.

""T'as pas besoin de vêtements pour être différente."
Hahaha
, si tu le dis, pauvre con. Moi je prends ça comme un compliment, tu sais. Tout, tant que je ne vous ressemble pas. Tout, tant que chaque parcelle de mon corps hurle ma différence. Oui, tout.
Le
jour où je me mettrais à vous ressembler, alors seulement je pourrais commencer à m'inquiéter. "





- Cela va faire bien bien longtemps que je n'ai plus écrit sur ce blog. C'est que, j'en ai un autre maintenant, où je donne le meilleur de moi-même, au point d'en oublier celui-ci. Je ne vais même pas m'excuser, je n'ai plus de lecteurs depuis un bon moment maintenant. Et non, le blog d'Amertume017 n'est plus qu'un pauvre petit blog à l'abandon, condamné à prendre la poussière dans un coin jusqu'à ce que son propriétaire décide de le supprimer.
Mai
s non, stop! Je suis là, moi, et je ne vous laisserais pas oublier ce blog aussi facilement. S'il est vrai que l'on ne meurt vraiment que lorsqu'il n'y a plus personne pour se souvenir de notre éxistence, alors ce blog continuera sa petite vie jusqu'à ce qu'il n'y ai plus une seule goutte de sang dans mes veines. Voilà. =)

Ainsi me
revoilà de retour, un chiffon dans une main et un balai dans l'autre, histoire de virer toutes ces toiles d'araignée qui envahissent mes articles.-






"Nothing in the world is ever completely wrong, my dear. Even a stopped clock is right twice a day."
Paul Coelho, Brida.
("Rien dan
s ce monde n'a jamais complètement tord. Même une horloge artée a raison deux fois par jour.")



" 'Comme la terre devait être troublante autrefois, quand elle était si mystérieuse! [...]
A m
esure qu'on lève les voiles de l'inconnu, on dépeuple l'imagination des hommes. Vous ne trouvez pas, monsieur, que la nuit est bien vide et d'un noir bien vulgaire depuis qu'elle n'a plus d'apparitions? [...]
Plus de
fantastique, plus de croyances étranges, tout l'inexpliqué est explicable. Le surnaturel baisse comme un lac qu'un canal épuise ; la science, de jour en jour, recule les limites du merveilleux. [...]
Oui, monsieur, on a dépeuplé l'imagination en surprenant l'invisible. Notre terre m'apparaît aujourd'hui comme un monde abandonné, vide et nu. Les croyances sont parties qui la rendaient poétique. [...]
Comme l'obscurit
é des soirs devait être sombre, terrible, autrefois, quand elle était pleine d'êtres fabuleux, inconnus, rôdeurs méchants, dont on ne pouvait deviner les formes, dont l'appréhension glaiçait le coeur, dont la puissance occulte passait les bornes de notre pensée, et dont l'atteinte était inévitable!
A
vec le surnaturel, la vraie peur a disparue de la terre, car on n'a vraiment peur que de ce qu'on ne comprend pas. Les dangers visibles peuvent émouvoir, troubler, effrayer! Qu'est cela auprès de la convulsion que donne à l'âme la pensée qu'on va rencontrer un spectre errant, qu'on va subir l'étreinte d'un mort, qu'on va voir accourir une de ces bêtes effroyables qu'inventa l'épouvante des hommes? Les ténèbres me semblent claires depuis qu'elles ne sont plus hantées. [...] ' " Guy de Maupassant, La Peur.





Se noyer dans des montagnes de mots chaque jour, dans des poèmes et des livres. S'en recouvrir le corps, s'en imprégner l'esprit, jusqu'à ne plus entendre ni voir les gens autour. Si c'est le prix à payer pour se croire ailleurs, si tel est le prix de la liberté, alors je n'hésite plus. Oui, se plonger dans des histoires ennivrantes, des livres de magie et d'amour, de philosophie et d'ésotérisme, pour ne plus voir ni ce ciel trop bleu ni ce monde trop gris. Lire, lire, jusqu'à finir par y croire, jusqu'à ne faire plus qu'une avec l'histoire.
Dévorer
ces romans jusqu'à qu'enfin on nous rappelle à la réalité, et que notre esprit déboussolé revienne dans le "monde réel". Mais si, justement, notre soi-disant "vraie vie" n'était enfait qu'une histoire sans fin dont nous somme les personnages principaux? Et si tous ces livres dont les étagères de bibliothèques sont remplies n'étaient pas des histoires tout droit sorties de l'imagination de l'Homme, mais plutôt des souvenirs et des connaissances depuis longtemps oubliées? Pourquoi s'acharner à dresser une frontière entre le réel et l'irréel, entre le visible et l'invisible, alors que chacun d'entre eux n'éxiste que grâce à l'éxistence parallèle de son opposé? Pourquoi, pourquoi tenter de raisonner avec des choses dénudées de raison? Pourquoi tenter de donner un sens aux choses qui ne le nécessitent pas? Pourquoi tout remettre en question sous prétexte qu'il y a des choses "vraies" et des choses "fausses", des faits établis et d'autres qui ne le sont pas? C'est justement parce-que la magie éxiste que les faits scientifiques éxistent eux aussi. Et puis, il y a des choses éxistant depuis la nuit des temps que l'on ne pourra jamais expliquer, et qui pourtant sont essentielles.
Donner un sens
et une raison aux choses nous entourant, n'est-ce pas leur ôter une part de leur mystère et de leur "magie"?
Et cette magie pe
rdue, toutes ces choses oubliées ou ignorées, elles resteront à jamais présentes dans les livres. La liberté, la vraie, elle est là, dans chacunes de ces phrases, chacunes des ces lignes, chacunes des ces pages. La liberté de lire ce que l'on veut tout en conservant notre anonymat, la liberté d'interpréter les choses à notre façon sans se ridiculiser en faisant preuve de puérilité; la liberté de rêver.
O
ui, la liberté de rêver.

Tant qu
'il y aura des gens pour écrire ces livres et d'autres pour les lire, alors le monde conservera son fragile équilibre, et ma pire des peurs gardera ses distances. Mais il suffirait que ce savoir disparaisse pour que l'Oubli surgisse des abîmes du mal et détruise tout sur son passage, ne laissant dérrière que du vide, pas même un tas de cendres pour nous rappeler nos erreurs.
Non,
tout serait oublié, et les connaissances que l'humanité aurait ammassées depuis plusieurs millénaires seraient perdues à jamais.
Et alors, il n'
y aurait plus qu'à tout recommencer.




# Posté le dimanche 02 novembre 2008 04:58

Modifié le dimanche 02 novembre 2008 06:53

Candice et Loïc



"- Non, Loïc, ne fais pas ça! Je t'en supplie... lui cria-t-elle dans un sanglot, le visage crispé de chagrin et les joues ruisselantes de larmes.
Il la regarda un instant, ses yeux méprisants fixés sur la femme agenouillée devant lui.
- Cesse d
e pleurer, Candice. Bientôt, je serais partie, et toi aussi. Dans peu de temps, vous disparaîtrez, tous! s'exclama-til avec fureur, ses yeux brillants d'une lueur malsaine.
- Pourquoi? Loïc, pourquoi...
Ell
e le regardait avec insistance et désespoir, tachant vainement de comprendre la cause des pensées obscures de l'homme devant elle.
Pourquoi tout
cela? Pourquoi tant de mal, de chaos, Loïc?
- Et toi, Candice? Pourquoi user de tes dernières paroles pour poser de telles questions qui ne nécessitent aucune réponse? Tant d'hypocrisie dans si peu de paroles! Il n'y a que les hommes pour faire preuve de tant d'immaturité à l'heure de leur mort. Allons, Candice, tu es une femme, lève-toi donc une dernière fois, que je puisse contempler ton détestable visage...
Et pourquoi donc t'obstines-tu à m'appeler Loïc? Je me nomme Loup! prononça-t-il avec fierté.
- Ton nom n'est pas plus Loup que le mien n'est Evelyne. Ton nom est Loïc, et tu es un humain, toi aussi, comme nous tous. Tu es un homme, Loïc! Tu n'as jamais été autre chose, et tu ne le seras jamais, peu importe ce qu'Il puisse te dire ou te faire croire. Ce monde n'est ni le mien ni le tient. Cette terre ne nous appartient pas, Loïc, et le ciel sous lequel tu t'endors tous les soirs n'est pas celui sous lequel tu es né.
- Tais-toi donc et regarde toi, Candice! Vois comment tu me parles! Il n'y a que la race humaine pour parler ainsi, ta race et non la mienne. Aurais-tu oublié que je détiens ma vie, la tienne et celle de ton peuple entre mes mains? un rire malfaisant s'éleva de sa gorge, glaçant le sang de la femme toujours à ses pieds.
- Loïc... Non... Pourquoi?
- Parce-qu'Il m'attend depuis trop longtemps déjà. Compte aux hommes... Ils doivent mourir. Tout comme toi.
- Non, Loïc, tu te trompes. Il ne t'attend pas. Personne ne t'attend là-bas.
- Q
u'en sais-tu, Candice? s'écria-t-il soudain avec colère. Comment pourrais-tu le savoir? Comment pourrais-je te croire?
- Parce-que je t'aime, Loïc. chuchota-t-elle avec peine. Parce-que je t'ai toujours aimé...
L'homme fut comme frappé par ces dernières paroles. Hurlant de douleur, il prit violement sa tête entre ses mains et tomba à genoux. Après être resté un moment ainsi, son visage enfoui dans ses paumes tendues, il se releva enfin et la défia courageusement du regard.
- Non,
Candice, tu mens. Quand cesseras-tu de m'empoisonner avec tes paroles cruelles? Ton venin est le plus dangereux de tous. Le plus douloureux et le plus mortel de toutes les femmes. Je devrais savoir, pourtant...
Savoir qu'il n'y a d'êtres plus cruels que vous, les hommes. Savoir que les femmes aiment jouer, et que blesser fait partie du jeu. Savoir que chacun de tes mots n'est que mensonge, et qu'ils sont pour moi comme des coups de couteau dans le coeur.
Mais tout finit ce soir, Candice. Tout règne a une fin. Le votre est enfin arrivé.
La femm
e se tordait de chagrin, ses larmes inondant le plancher, brûlant ses mains et son corps, anéantie par la terrible sentence de l'homme. Lui, silencieux, droit et fier, savourait sa victoire.
- Que t'a-t-Il donc promis pour que tu Lui obéisses si facilement? hoqueta-t-elle entre deux sanglots, son corps convulsé de douleur.
Le visage de l'homme se tenant toujours devant elle s'assombrit, et ses épaules s'affaissèrent imperceptiblement, comme si toute la peine du monde venait de sombrer sur ses frêles épaules. Une larme coula doucement le long de sa joue lorsqu'il lui répondit, dans un murmure étouffé:
- Il... Il m'a promis de m'apprendre à aimer, Candice.
La
femme sursauta et leva brusquement la tête vers lui, ses yeux emplis d'espoir et étincelant d'amour. Leurs regards se croisèrent, et elle cru lire dans le sien comme une ombre de regret.
- Mais il e
st trop tard."
Le compte à rebour
s sonna et, dans un déchirement retentissant, la bombe explosa, entraînant avec elle la disparition d'un peuple et de deux êtres à jamais déchirés: Candice et Loïc.






# Posté le samedi 04 octobre 2008 13:21

Modifié le dimanche 05 octobre 2008 06:17