""T'as pas besoin de vêtements pour être différente."
Hahaha, si tu le dis, pauvre con. Moi je prends ça comme un compliment, tu sais. Tout, tant que je ne vous ressemble pas. Tout, tant que chaque parcelle de mon corps hurle ma différence. Oui, tout.
Le jour où je me mettrais à vous ressembler, alors seulement je pourrais commencer à m'inquiéter. "
- Cela va faire bien bien longtemps que je n'ai plus écrit sur ce blog. C'est que, j'en ai un autre maintenant, où je donne le meilleur de moi-même, au point d'en oublier celui-ci. Je ne vais même pas m'excuser, je n'ai plus de lecteurs depuis un bon moment maintenant. Et non, le blog d'Amertume017 n'est plus qu'un pauvre petit blog à l'abandon, condamné à prendre la poussière dans un coin jusqu'à ce que son propriétaire décide de le supprimer.
Mais non, stop! Je suis là, moi, et je ne vous laisserais pas oublier ce blog aussi facilement. S'il est vrai que l'on ne meurt vraiment que lorsqu'il n'y a plus personne pour se souvenir de notre éxistence, alors ce blog continuera sa petite vie jusqu'à ce qu'il n'y ai plus une seule goutte de sang dans mes veines. Voilà. =)
Ainsi me revoilà de retour, un chiffon dans une main et un balai dans l'autre, histoire de virer toutes ces toiles d'araignée qui envahissent mes articles.-
"Nothing in the world is ever completely wrong, my dear. Even a stopped clock is right twice a day."
Paul Coelho, Brida.
("Rien dans ce monde n'a jamais complètement tord. Même une horloge arrêtée a raison deux fois par jour.")
" 'Comme la terre devait être troublante autrefois, quand elle était si mystérieuse! [...]
A mesure qu'on lève les voiles de l'inconnu, on dépeuple l'imagination des hommes. Vous ne trouvez pas, monsieur, que la nuit est bien vide et d'un noir bien vulgaire depuis qu'elle n'a plus d'apparitions? [...]
Plus de fantastique, plus de croyances étranges, tout l'inexpliqué est explicable. Le surnaturel baisse comme un lac qu'un canal épuise ; la science, de jour en jour, recule les limites du merveilleux. [...]
Oui, monsieur, on a dépeuplé l'imagination en surprenant l'invisible. Notre terre m'apparaît aujourd'hui comme un monde abandonné, vide et nu. Les croyances sont parties qui la rendaient poétique. [...]
Comme l'obscurité des soirs devait être sombre, terrible, autrefois, quand elle était pleine d'êtres fabuleux, inconnus, rôdeurs méchants, dont on ne pouvait deviner les formes, dont l'appréhension glaiçait le coeur, dont la puissance occulte passait les bornes de notre pensée, et dont l'atteinte était inévitable!
Avec le surnaturel, la vraie peur a disparue de la terre, car on n'a vraiment peur que de ce qu'on ne comprend pas. Les dangers visibles peuvent émouvoir, troubler, effrayer! Qu'est cela auprès de la convulsion que donne à l'âme la pensée qu'on va rencontrer un spectre errant, qu'on va subir l'étreinte d'un mort, qu'on va voir accourir une de ces bêtes effroyables qu'inventa l'épouvante des hommes? Les ténèbres me semblent claires depuis qu'elles ne sont plus hantées. [...] ' " Guy de Maupassant, La Peur.
Se noyer dans des montagnes de mots chaque jour, dans des poèmes et des livres. S'en recouvrir le corps, s'en imprégner l'esprit, jusqu'à ne plus entendre ni voir les gens autour. Si c'est le prix à payer pour se croire ailleurs, si tel est le prix de la liberté, alors je n'hésite plus. Oui, se plonger dans des histoires ennivrantes, des livres de magie et d'amour, de philosophie et d'ésotérisme, pour ne plus voir ni ce ciel trop bleu ni ce monde trop gris. Lire, lire, jusqu'à finir par y croire, jusqu'à ne faire plus qu'une avec l'histoire.
Dévorer ces romans jusqu'à qu'enfin on nous rappelle à la réalité, et que notre esprit déboussolé revienne dans le "monde réel". Mais si, justement, notre soi-disant "vraie vie" n'était enfait qu'une histoire sans fin dont nous somme les personnages principaux? Et si tous ces livres dont les étagères de bibliothèques sont remplies n'étaient pas des histoires tout droit sorties de l'imagination de l'Homme, mais plutôt des souvenirs et des connaissances depuis longtemps oubliées? Pourquoi s'acharner à dresser une frontière entre le réel et l'irréel, entre le visible et l'invisible, alors que chacun d'entre eux n'éxiste que grâce à l'éxistence parallèle de son opposé? Pourquoi, pourquoi tenter de raisonner avec des choses dénudées de raison? Pourquoi tenter de donner un sens aux choses qui ne le nécessitent pas? Pourquoi tout remettre en question sous prétexte qu'il y a des choses "vraies" et des choses "fausses", des faits établis et d'autres qui ne le sont pas? C'est justement parce-que la magie éxiste que les faits scientifiques éxistent eux aussi. Et puis, il y a des choses éxistant depuis la nuit des temps que l'on ne pourra jamais expliquer, et qui pourtant sont essentielles.
Donner un sens et une raison aux choses nous entourant, n'est-ce pas leur ôter une part de leur mystère et de leur "magie"?
Et cette magie perdue, toutes ces choses oubliées ou ignorées, elles resteront à jamais présentes dans les livres. La liberté, la vraie, elle est là, dans chacunes de ces phrases, chacunes des ces lignes, chacunes des ces pages. La liberté de lire ce que l'on veut tout en conservant notre anonymat, la liberté d'interpréter les choses à notre façon sans se ridiculiser en faisant preuve de puérilité; la liberté de rêver.
Oui, la liberté de rêver.
Tant qu'il y aura des gens pour écrire ces livres et d'autres pour les lire, alors le monde conservera son fragile équilibre, et ma pire des peurs gardera ses distances. Mais il suffirait que ce savoir disparaisse pour que l'Oubli surgisse des abîmes du mal et détruise tout sur son passage, ne laissant dérrière que du vide, pas même un tas de cendres pour nous rappeler nos erreurs.
Non, tout serait oublié, et les connaissances que l'humanité aurait ammassées depuis plusieurs millénaires seraient perdues à jamais.
Et alors, il n'y aurait plus qu'à tout recommencer.