Ceci est un ancien article datant de la fin de l'année 2008, et qui avait été publié sur Seules-Ensemble, et que j'ai supprimé depuis.
Je le republie cependant, parce-qu'il y a des choses qui n'ont pas changé, et que je pense toujours aujourd'hui.
"C'est si facile de détruire une vie... La tienne, en l'occurence. Et la mienne, par la même occasion."
"L'infini est une chose que l'Homme ne peut concevoir."
"Si tout ce qui a un début a une fin, pourquoi quand on meurt c'est pour toujours?"
Avoir peur de l'inconscient et de l'infini comme certain ont peur des araîgnées et des serpents. S'endormir le soir en ayant peur de ne jamais se réveiller. Peur de mourir, pour toujours, sans qu'il n'y ait plus rien après. Peur d'être oubliée, pour n'être plus que le souvenir d'un nom gravé dans la pierre.
Peur de cette phase d'inconscience que l'on a lorsque l'on dort, ces terribles instants ou l'on se réveille en ayant l'impression de n'avoir dormit que cinq minutes... Tout calculer, tout, pour avoir à dormir le moins possible. Et compter le nombre de maisons ayant leurs fenêtres allumées le soir, sans raison, juste pour le plaisir de savoir, et parfois plus par habitude qu'autre chose. Pour se rassuer, aussi...
Avoir peur des espaces trop grands, trop larges, ce ciel trop bleu paraissant souvent trop vide. L'infini derrière un mur de papier peint bleu azur. Et cette mort, terrible, éternelle. Notre esprit, ne cessant de se rassurer, en s'imaginant une fin, une fin évidente, un jour... Mais non, tu te trompes. Il n'y a pas de fin, il n'y en aura jamais. Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... Avoir le tourni, l'esprit sens dessus-dessous. Sentir le sol vaciller sous ses pieds, tomber à genoux sur la moquette grisâtre. Et l'horloge, dictant c'est tristes mots pourtant vrais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais...
Mais non, jamais n'existe pas, toujours non plus. Il y a quelque chose après, forcément, c'est évident. C'est évident, entendez-vous?
Il y a des anges, là-haut, derrière les nuages... Des démons en-bas, si ça vous fait plaisir. Et pourquoi pas des âmes éternelles? Tout, et peu importe quoi, tant qu'il y a quelque chose "après".
Et pourtant... Le doute, ce venin mortel, empoisonnant les rêves et les croyances, détruisant les fois, revient une fois de plus. "Mensonges!" nous susurre-t-il dans l'oreille de sa voix de serpent. "Personne n'est jamais revenu de cet "autre côté". Personne. Et toi? Iras-tu vérifier tout ce que l'on dit? Iras-tu te jeter par la fenêtre pour voir si les anges viennent te chercher? Et... si, toi non plus, tu ne revenais pas?"
Et si tout cela était faux? S'il n'existait ni anges, ni démons, ni dieux, ni rêves, ni réincarnation, ni feu éternel? Et si il n'y avait... rien? Rien... Rien. Notre vie n'est qu'une courte durée de temps comprise entre deux éternités. Qu'y pouvons-nous?
Oui, le doute s'infiltre dans les moindres fissures, les gonflant jusqu'à en faire éclater la pierre, entraînant la chute du mur. Les pierres roulent sur le sol dans un grondement terrible. Et nous voilà, nu, sans défense, devant cette terrble peur de l'infini...
Oui, la peur brûle, et pourtant, comme une drogue terrible, notre corps ne cesse d'en redemander. Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... Jusque s'écrouler sur le sol, tremblant de peur, le monde tournant comme une toupie autour de nous, notre corps en redemandant sans cesse...
Jamais. Jamais. Jamais. Jamais Jamais. Jamais. Jamais.
Mais, dites-moi...
Comment fait on pour guérir la peur de l'impalpable?
Je suis apeirophobe.