La lumière

La lumière



Où est la lumière?
Je suis montée tout en haut des tours, j'ai regardé le Ciel et la ville en contre-bas, et tout m'a paru éteint, dénué de vie. Même dans le chant des cloches des églises, je ne l'y ai pas trouvée, cette lumière.
J'ai scruté les sourires sans vie des statues de saint;, la lumière que l'on m'avait promise n'y était pourtant pas. Pas plus que dans les pierres précieuses des croix d'or sur les autels, ni dans les dorures des robes des prêtres, ni dans la beauté des peintures, ni dans la magie des vitraux, ni dans les sculptures étoilées des chaires.
J'ai visité toutes les plus grandes cathédrales de France, je suis même allée voir celles en-dehors du monde; la lumière n'était ni dans leur architecture irréelle, ni dans la finition des portes, ni dans les gravures des châpiteaux surmontant les piliers de marbre, ni dans la finesse des jubés, ni dans la souplesse des clés de voûte.
Elle n'était pas non plus dans la majesté des orgues, ni perdue dans la hauteur des nefs, ni dans les doreries des ciboires, ni dans la précioseté des reliques, ni dans la tristesse des tombes, seules dans les cimetières.

Et pourtant, je l'ai vue, cette lumière. Je l'ai trouvée dans le seul endroit de ce monde où la vérité existe encore. Oui, elle était là, dans les yeux de ceux qui prient, plus brillante encore que le soleil; elle était dans la foi des fidèles et l'amour des croyants.



# Posté le vendredi 08 janvier 2010 14:33

Joyeux Noël à vous, lecteurs

Joyeux Noël à vous, lecteurs




Il ne s'est rien passé, le 19 décembre.

Et j'ai passé un très beau 25 décembre.


A tous ceux à qui il arrive encore de passer par ici ces jours-ci, je souhaite un joyeux Noël.


Claire, tu me manques terriblement.
Un très joyeux Noël, mon amie.



# Posté le samedi 26 décembre 2009 04:44

Modifié le samedi 26 décembre 2009 04:57

Mon Thonolan


Il m'arrive encore de penser à lui, aujourd'hui. Je ne l'ai pas oublié.
Mon Thonolan.

Comme j'aimerais le revoir! Comme j'aimerais pouvoir lui prendre la main, et lui sussurrer combien je l'aime, combien je n'ai pas changé.
Tu as raison, Claire, tout ceci est malsain. Ce n'est pas normal, de continuer à aimer quelqu'un, même un an après son départ.

Mais j'aime l'aimer; on y prend goût, c'est comme une vieille pantoufle qui aurait pris la forme de mon pied.
Mon amour a pris la forme de mon coeur.

Dire qu'il est parti sans jamais rien savoir!

Mon Thonolan.
J'ai toujours sa photo, posé sur un meuble, en hauteur, près d'une boîte à souvenir.
Comme il me manque, lui aussi.

Noël me rajeunit et me rend nostalgique.

# Posté le vendredi 18 décembre 2009 08:15

Être une auxiliaire et vouloir être un oiseau. Moi, on est deux.

Être une auxiliaire et vouloir être un oiseau. Moi, on est deux.




Article publié sur Seules-Ensemble après son départ, c'est-à-dire postérieur au 19 décembre 2008.
Tout est toujours d'actualité, même si les rapports ont quelque peu changé depuis.





"Hug me, that's all I want. Save-me."



N'être qu'une auxiliaire, et vouloir être un oiseau. Vouloir, vouloir, vouloir... N'être rien, objet inutile, artificiel, poussière encombrante dans l'air. Exagérer, exagérer, pousser jusqu'au mensonge. Mais ça fait du bien...
Dites-moi le contraire. Osez me dire, seulement une fois, que je vous manquerai. Alors, peut-être, je vous croirai.
Vouloir être écoutée. Seulement une fois.
Alors, se mettre à parler, toute seule. Pendant des heures, serrant ce cadre de carton dans nos bras, contre notre coeur, le visage ruisselant de larmes. Enfin de compte, non, je ne parle pas toute seule, c'est faux...
Lui parler, à lui. Parce-qu'on croyait pouvoir oublier, et qu'on a eu tord. Parce-qu'on l'aime encore.
Avoir gardé dans l'esprit, immortel, un idéal qui ne pourra jamais s'éteindre. Artificiel, créature cousue de milliers de choses, ensemble vacillant, merveille vertigineuse. Illusion, sans aucun doute. Mais les illusions, on en vit.
Son visage figé en un éternel sourire, sur un rectangle de papier glissé dans un cadre à rayures de couleurs. Sur un bureau bordeliquement organisé, perché sur une étagère, posée devant lui, une plume bleue.
Notre inconscient, en avance sur la raison, mais pas le coeur, l'associant déjà à un être mythique.
C'est faux, c'est faux, c'est faux, je vis dans un monde imaginaire, je parle à une photo dans un cadre... Et alors? Et alors???
Pour fuir, peut-être. Fuir, comme toujours. Se cacher, pourtant ils sont là, il nous hantent, nous poursuivent. Ces peurs, inutiles, ces cauchemards.
Avoir les nerfs à vif, et à la place du coeur une éponge écarlate pleine de sanglots retenus. Moquez vous de nous, accusez-nous de passer notre temps à nous plaindre, de voir le mal partout autour de nous. Allez-y.
Pourquoi "nous", me direz-vous?
Parce-qu'il me répond, et que j'aime lui répondre, plus que tout.
Parce-que j'ai découvert, il y a peu de temps, que les photos parlaient...

Non, non, je ne suis pas folle.
C'est juste que moi, on est deux.
Lui, et moi.

Parce-que, peu importe son surnom, il y a toujours eu un deuxième, et il y en aura toujours. Armand, Marion, et maintenant, lui.




# Posté le vendredi 18 décembre 2009 07:03

Nous mourrons tous un jour, il est vrai. Et pour toujours.

Nous mourrons tous un jour, il est vrai. Et pour toujours.




Ceci est un ancien article datant de la fin de l'année 2008, et qui avait été publié sur Seules-Ensemble, et que j'ai supprimé depuis.
Je le republie cependant, parce-qu'il y a des choses qui n'ont pas changé, et que je pense toujours aujourd'hui.






"C'est si facile de détruire une vie... La tienne, en l'occurence. Et la mienne, par la même occasion."

"L'infini est une chose que l'Homme ne peut concevoir."

"Si tout ce qui a un début a une fin, pourquoi quand on meurt c'est pour toujours?"




Avoir peur de l'inconscient et de l'infini comme certain ont peur des araîgnées et des serpents. S'endormir le soir en ayant peur de ne jamais se réveiller. Peur de mourir, pour toujours, sans qu'il n'y ait plus rien après. Peur d'être oubliée, pour n'être plus que le souvenir d'un nom gravé dans la pierre.
Peur de cette phase d'inconscience que l'on a lorsque l'on dort, ces terribles instants ou l'on se réveille en ayant l'impression de n'avoir dormit que cinq minutes... Tout calculer, tout, pour avoir à dormir le moins possible. Et compter le nombre de maisons ayant leurs fenêtres allumées le soir, sans raison, juste pour le plaisir de savoir, et parfois plus par habitude qu'autre chose. Pour se rassuer, aussi...
Avoir peur des espaces trop grands, trop larges, ce ciel trop bleu paraissant souvent trop vide. L'infini derrière un mur de papier peint bleu azur. Et cette mort, terrible, éternelle. Notre esprit, ne cessant de se rassurer, en s'imaginant une fin, une fin évidente, un jour... Mais non, tu te trompes. Il n'y a pas de fin, il n'y en aura jamais. Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... Avoir le tourni, l'esprit sens dessus-dessous. Sentir le sol vaciller sous ses pieds, tomber à genoux sur la moquette grisâtre. Et l'horloge, dictant c'est tristes mots pourtant vrais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais...
Mais non, jamais n'existe pas, toujours non plus. Il y a quelque chose après, forcément, c'est évident. C'est évident, entendez-vous?
Il y a des anges, là-haut, derrière les nuages... Des démons en-bas, si ça vous fait plaisir. Et pourquoi pas des âmes éternelles? Tout, et peu importe quoi, tant qu'il y a quelque chose "après".
Et pourtant... Le doute, ce venin mortel, empoisonnant les rêves et les croyances, détruisant les fois, revient une fois de plus. "Mensonges!" nous susurre-t-il dans l'oreille de sa voix de serpent. "Personne n'est jamais revenu de cet "autre côté". Personne. Et toi? Iras-tu vérifier tout ce que l'on dit? Iras-tu te jeter par la fenêtre pour voir si les anges viennent te chercher? Et... si, toi non plus, tu ne revenais pas?"
Et si tout cela était faux? S'il n'existait ni anges, ni démons, ni dieux, ni rêves, ni réincarnation, ni feu éternel? Et si il n'y avait... rien? Rien... Rien. Notre vie n'est qu'une courte durée de temps comprise entre deux éternités. Qu'y pouvons-nous?
Oui, le doute s'infiltre dans les moindres fissures, les gonflant jusqu'à en faire éclater la pierre, entraînant la chute du mur. Les pierres roulent sur le sol dans un grondement terrible. Et nous voilà, nu, sans défense, devant cette terrble peur de l'infini...
Oui, la peur brûle, et pourtant, comme une drogue terrible, notre corps ne cesse d'en redemander. Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais... Jusque s'écrouler sur le sol, tremblant de peur, le monde tournant comme une toupie autour de nous, notre corps en redemandant sans cesse...
Jamais. Jamais. Jamais. Jamais Jamais. Jamais. Jamais.

Mais, dites-moi...
Comment fait on pour guérir la peur de l'impalpable?


Je suis apeirophobe.




# Posté le vendredi 18 décembre 2009 06:38